La transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables est un enjeu majeur pour atteindre l’objectif d’une économie décarbonée. Cette transition est non seulement technologique, mais elle s’appuie sur une acceptation sociale et économique au cœur de laquelle figure la démocratie énergétique (DE), qui tentent de faire émerger des « prosommateurs » (à la fois producteurs et consommateurs). Les initiatives de DE découlent de processus collaboratifs de décisions au niveau local qui visent à promouvoir les énergies renouvelables, mais qui peuvent se heurter aux résistances des acteurs installés (industries produisant ou utilisant des énergies fossiles) qui ont des objectifs sociaux, politiques et économiques divergents. Comment garantir le succès de la DE et sur quelle structure de gouvernance collaborative (GC) s’appuyer ?
L’étude d’Olivier Berthod et coauteurs rend compte de cinq cas types de transition énergétique locale impliquant des acteurs hors secteurs énergétiques traditionnels, s’associant sous des formes variées de démocratie énergétique et de gouvernance collaborative. Ces cinq cas types concernent des projets de conversion énergétique dans les villes allemandes de léna et Berlin, à Minneapolis (USA), en Angleterre et à Kalmar (Suède). Les données proviennent d’entretiens avec les acteurs (entre 5 et 75 selon les villes) et de documents collectés auprès des acteurs. Ce matériau est transformé en variables qualitatives retraçant les modalités de DE et de GC, et permettant d’établir une typologie des cas-types. Les objectifs des projets vont de la prise de participation de citoyens dans le financement d’une régie municipale (Iéna), à la remunicipalisation des services électriques (Minneapolis et Berlin), le développement d’un prototype de train fonctionnant à l’énergie solaire (Angleterre), la création d’un parc solaire (Kalmar). Chaque projet fait l’objet d’une présentation détaillée.
Mots clés : démocratie énergétique, gouvernance collaborative, transition énergétique.